Les erreurs de débutant que l’on voit le plus à Saint-Barth, et comment les éviter
Une résidente liste sans détour les erreurs des primo-visiteurs à Saint-Barth : taxis, saison, correspondance par Saint-Martin, et comment les éviter.
Presque tous les primo-visiteurs que l’on rencontre ont commis au moins l’une de ces quelques erreurs, et presque toutes auraient pu être évitées avec un courriel envoyé quelques semaines plus tôt. Saint-Barth récompense un peu d’anticipation et sanctionne discrètement les réflexes qui marchent partout ailleurs. Il n’y a pas d’Uber, pas de bus, aucun vol long-courrier qui vous dépose devant la porte, et le calendrier bascule d’un extrême à l’autre, de complet à moitié fermé selon le mois. Rien de compliqué une fois que l’on a compris la logique de l’île. Voici les erreurs que l’on voit revenir le plus souvent, et comment y remédier.
Croire qu’un taxi va simplement apparaître
Sur la plupart des îles, on sort du hall d’arrivée et on en hèle un. Pas ici. Il n’y a pas d’Uber, pas d’application de réservation, ni bus ni train nulle part sur l’île. Les taxis existent, mais ils sont peu nombreux et presque toujours réservés à l’avance, et en pleine saison ils sont tout simplement saturés. Rester planté devant Saint-Jean avec ses valises, en espérant qu’un taxi passe par là, c’est le meilleur moyen de perdre une heure sur un séjour déjà court. La solution : organiser son transfert avant d’atterrir. Beaucoup d’hôtels assurent leurs propres navettes depuis l’aéroport, alors posez la question au moment de réserver. Si le vôtre ne le fait pas, ou si vous logez en villa, réservez un chauffeur à l’avance plutôt que de miser sur la station de taxis. Et si vous préférez ne pas conduire du tout, on explique comment cela fonctionne vraiment dans se déplacer sans voiture.
Faire l’impasse sur la voiture depuis un point de chute qui l’exige
On peut se passer de voiture à Saint-Barth, mais seulement depuis le bon point de chute. Logez en plein cœur de Gustavia ou à Saint-Jean, gardez un chauffeur sous la main pour le reste, et vous n’aurez jamais besoin de tourner une clé. Choisissez une villa tranquille en hauteur ou une plage à l’autre bout de l’île, et la même décision vous laisse coincé à la tombée de la nuit. L’erreur consiste à choisir d’abord où loger, puis à réfléchir au transport ensuite. Faites l’inverse. Lisez faut-il une voiture à l’aune de vos projets réels, puis laissez cela guider où loger. Une villa en hauteur avec une voiture de location dans l’allée, c’est un séjour. La même villa sans voiture, c’est une très longue marche jusqu’au dîner.
Réserver trop tard, ou au mauvais mois
Saint-Barth est petite, et en haute saison, grosso modo de mi-décembre à avril, elle se remplit. Noël et le Nouvel An sont le pic absolu et se réservent de nombreux mois à l’avance, les meilleures villas en premier. Débarquer en novembre en pensant dénicher une villa pour Noël, c’est l’erreur classique. Le revers, c’est la même erreur à l’envers : réserver bon marché au mauvais moment. De fin août à mi-octobre environ, beaucoup d’hôtels ferment et rouvrent autour de la mi-octobre, et cette période chevauche la saison cyclonique, qui culmine en septembre. Les sargasses peuvent aussi s’échouer de mai à septembre environ, même si la Collectivité les ramasse. Si vous voulez l’île ouverte et animée à un meilleur prix, les mois de moyenne saison, de mai à juin et en novembre, sont le bon compromis. On détaille les arbitrages dans quand partir. Dans tous les cas, décidez tôt. L’hébergement est le principal levier de coût ici, et si vous voyagez en groupe, une villa partagée à plusieurs peut revenir moins cher que des chambres d’hôtel par personne.
Rater la correspondance par Saint-Martin avec les bagages
Il n’y a pas d’aéroport long-courrier à Saint-Barth. On atterrit à Saint-Martin (SXM), puis on prend soit un court saut en petit avion, soit le ferry pour traverser, environ quarante-cinq minutes par la mer. L’erreur, c’est d’arriver à SXM avec trois grosses valises par personne et aucun plan pour la dernière étape. Les petits avions ont de vraies limites de bagages, et le ferry suppose de manipuler soi-même ses sacs pour monter et descendre du bateau. Faites votre valise en conséquence, et gardez une marge confortable entre votre vol d’arrivée et la correspondance, pour qu’un retard à l’aller ne vous coûte pas le dernier saut de la journée. On détaille les deux itinéraires dans comment aller à Saint-Barth.
Sous-estimer les routes étroites et pentues
L’approche de l’aéroport est célèbre pour être courte et raide, réservée aux petits appareils, et les routes qui suivent sont taillées dans le même bois. Elles sont étroites, elles montent et descendent brutalement, et elles serpentent. Les primo-visiteurs habitués aux autoroutes plates ont tendance à aborder les descentes sur le mauvais rapport et à faire chauffer leurs freins, ou à croiser une voiture dans un virage sans visibilité, sans nulle part où aller. Rien de dangereux une fois qu’on les respecte. Roulez doucement, utilisez le frein moteur dans les fortes descentes plutôt que de rester sur la pédale, et laissez la priorité aux camionnettes de livraison. Si vous n’avez jamais conduit dans un endroit pareil, nos notes sur conduire à Saint-Barth valent cinq minutes avant de récupérer les clés.
Trop planifier chaque dîner
Les gens arrivent avec un tableur de restaurants et une réservation pour chaque soir. Dans un endroit aussi saisonnier, ce plan a tendance à se défaire. Certaines cuisines ferment pour la basse saison, les horaires changent, et une table sur laquelle vous comptiez peut ne plus être là le moment venu. Quelques noms qui faisaient autrefois figure de rendez-vous incontournables, Do Brazil, Santa Fe et Le Gaïac entre autres, ont fermé pour de bon, si bien que les vieilles listes et les vieux billets de blog vous enverront devant des portes qui n’ouvrent plus. Gardez le côté restauration souple. Réservez le ou les deux repas qui comptent vraiment, renseignez-vous sur place, une fois arrivé, sur ce qui est réellement ouvert cette semaine-là, et laissez de la place pour la paillote de plage qu’on vous indiquera. L’île est assez petite pour qu’un bon tuyau circule vite.
Aucune de ces erreurs n’est exotique. Elles viennent toutes du fait de traiter Saint-Barth comme une grande île-station, plate, où l’on marche partout et où tout est toujours ouvert, alors que c’est une petite île vallonnée et saisonnière, qui fonctionne à condition d’un peu d’anticipation. Réglez trois choses avant de réserver quoi que ce soit d’autre : quand vous venez, où vous logez, et comment vous vous déplacerez une fois sur place. Faites-les bien, et le reste du séjour se règle presque tout seul. Si vous ne faites qu’une chose aujourd’hui, fixez vos dates et votre point de chute, car en haute saison, les deux se remplissent vite.
Questions fréquentes
Faut-il vraiment louer une voiture à Saint-Barth ?
La plupart des visiteurs, oui. On peut s’en passer uniquement en logeant en plein cœur de Gustavia ou à Saint-Jean, en réservant un chauffeur pour les autres trajets. Dès que c’est plus en hauteur ou plus à l’écart, une voiture de location devient quasi indispensable, car il n’y a ni bus ni application de réservation.
Peut-on simplement prendre un taxi à l’aéroport ?
Pas de façon fiable. Il n’y a pas d’Uber, et les taxis sont peu nombreux : ils se réservent donc en général à l’avance et sont saturés en haute saison. Organisez votre transfert avant d’atterrir, ou demandez si votre hôtel assure ses propres navettes depuis l’aéroport.
Combien de temps à l’avance faut-il réserver pour Noël et le Nouvel An ?
Le plus tôt possible. Cette quinzaine est le pic absolu, et les meilleures villas partent de nombreux mois à l’avance. S’y prendre tard signifie en général un choix très limité, voire plus rien du tout.
Comment rejoindre Saint-Barth depuis Saint-Martin avec des bagages ?
Par un court saut en petit avion, ou par ferry, environ quarante-cinq minutes de mer. Les petits avions ont de vraies limites de bagages et le ferry suppose de porter soi-même ses sacs : faites votre valise en conséquence et gardez une marge entre votre vol d’arrivée et la correspondance.