Faut-il vraiment une voiture à Saint-Barth ?
Faut-il une voiture à Saint-Barth ? La vraie réponse dépend de là où vous dormez. Le point de vue d’un résident : les bases où l’on marche, les zones qui exigent une voiture, et comment s’en passer.
La question revient dans presque toutes les discussions de préparation, et elle mérite mieux qu’un oui ou un non. Savoir s’il vous faut une voiture à Saint-Barth n’est pas vraiment une question de transport. C’est une question d’hébergement. Dites-moi où vous dormez et je vous dirai si vous pouvez laisser les clés à la maison, parce que les deux décisions n’en font qu’une.
Avant de comparer les prix de location, réglez donc d’abord la question de la base. C’est là que se trouve la vraie réponse, et c’est pourquoi notre guide sur où loger à Saint-Barth tranche autant la question de la voiture que n’importe quel guide de location.
Alors, faut-il vraiment une voiture à Saint-Barth ?
Pour la plupart des visiteurs, oui. L’île est petite mais pentue et étalée, et presque tout ce qui vaut le détour se trouve au bout d’une montée. Une voiture transforme Saint-Barth, d’une poignée de rues où l’on marche à l’île entière : les plages éloignées, les tables perchées dans les hauteurs, les coins tranquilles qui n’apparaissent jamais dans les journées types.
Mais il existe une vraie exception, plus étroite que ne l’admettent les guides qui crient « louez-en une, point ». Si vous logez dans un endroit vraiment praticable à pied et que vous acceptez de réserver un chauffeur à l’avance pour les trajets qui l’exigent, vous pouvez passer une belle semaine sans jamais prendre le volant. Le reste de cette page sert à distinguer ces deux situations.
Pourquoi n’y a-t-il aucune solution de repli facile sans voiture ?
Parce qu’il n’y a presque rien sur quoi se rabattre. Il n’y a aucun transport en commun à Saint-Barth : pas de bus, pas de train, rien à horaire fixe. Il n’y a pas d’Uber, ni aucune application de VTC. Ce seul fait conditionne tout le reste.
Des taxis existent, mais considérez-les comme quelque chose qui se réserve, pas qui se hèle. La flotte est réduite, on ne peut pas compter en arrêter un au passage, et en pleine saison ils sont saturés, car les rares chauffeurs sont pris du matin au soir. Depuis une plage tranquille en fin d’après-midi, vous risquez d’attendre longtemps, ou de n’en trouver aucun.
Se passer de voiture ne veut donc pas dire se passer de plan. Cela veut dire échanger la liberté de ses propres roues contre un peu d’anticipation : un chauffeur ou un transfert réservé à l’avance, une voiture prévue pour le dîner à l’autre bout de l’île, une base choisie pour que la plupart de vos journées n’aient besoin d’aucun véhicule. Quand une semaine sans voiture se passe mal ici, c’est presque toujours parce qu’on a supposé qu’un taxi finirait par arriver. Il n’arrivera pas.
Où peut-on s’en passer ?
La formule sans voiture marche quand votre base fait la marche à votre place. Concrètement, cela veut dire le cœur plus plat et plus dense de l’île.
Gustavia, la petite ville-port, est de loin le meilleur cas. Depuis un hôtel ou une chambre dans le centre, vous rejoignez à pied les restaurants, les boutiques, le front de port et Shell Beach sans jamais démarrer un moteur. Si l’objectif est une semaine sans voiture, c’est à Gustavia qu’elle se réalise.
St Jean, centrale et organisée autour de sa plage calme, se fait plus facilement à pied que le reste de l’île, avec ses commerces et ses adresses proches les uns des autres. On y tient une bonne partie du séjour, même s’il faudra tout de même se faire déposer pour les plages éloignées et les dîners dans les hauteurs.
Un détail qui simplifie discrètement les deux cas : beaucoup d’hôtels assurent eux-mêmes les transferts d’arrivée et de départ, si bien que les trajets les plus délicats d’un séjour sans voiture, arriver et repartir avec les bagages, sont déjà pris en charge.
Même depuis ces bases, certains trajets réclameront des roues : une plage à l’autre bout, un dîner dans les hauteurs, des courses au supermarché. La différence, c’est qu’ici ce sont des exceptions, réglées avec une voiture réservée, et non le rythme de chaque journée.
Quelles zones rendent la voiture incontournable ?
Dès que l’on quitte le centre praticable à pied, la réponse s’inverse nettement. Une grande partie de Saint-Barth, c’est le pays des villas éparpillées sur des collines pentues, et ces adresses ne fonctionnent tout simplement pas sans votre propre moyen de transport. Rien à distance de marche, personne pour venir vous chercher sur un coup de tête, et la route qui descend n’est pas de celles que l’on arpente au soleil.
L’est et le sud de l’île sont le cas le plus clair. Les zones vers l’extrême est se trouvent à une vraie trotte en voiture du centre, sans le moindre groupe de commerces ou de restaurants accessible à pied. Les hauteurs sont proches à vol d’oiseau, mais perchées en haut de montées que personne ne fait avec les courses ou après le dîner.
La règle est simple. Si votre villa est en hauteur ou vers les extrémités de l’île, prévoyez une voiture dès le premier jour. C’est exactement pour cela que la décision de la voiture ne se sépare pas de celle de la réservation, et qu’il vaut la peine de lire comment les différentes zones où loger à Saint-Barth arbitrent entre accessibilité à pied et intimité avant de vous engager.
Et si vous préférez ne pas conduire du tout ?
Beaucoup de visiteurs savent conduire mais n’en ont pas envie, et c’est une position légitime. Les routes ici sont raides, étroites et pleines de virages sans visibilité, et des vacances ne sont pas le moment que tout le monde choisit pour les apprendre. Si c’est votre cas, la bonne solution n’est pas de miser sur les taxis. C’est de réserver un chauffeur privé pour les trajets qui comptent.
Un chauffeur couvre les parties d’un séjour sans voiture qui, sinon, s’effondrent : le transfert de l’aéroport à chaque bout, les dîners à Gustavia où se garer est un casse-tête, la journée où vous voulez être déposé sur une plage lointaine et récupéré plus tard. Vous voyagez de porte à porte, avec quelqu’un qui connaît chaque ruelle, et vous ne pensez jamais au stationnement. Une semaine sans voiture passe ainsi de l’improvisation à quelque chose qui marche, tout simplement.
Si vous pesez le choix dans l’autre sens, notre guide sur se déplacer à Saint-Barth sans voiture approfondit chauffeurs, navettes, scooters et marche, et notre guide de location de voiture défend l’idée d’en louer une, finalement.
Comment décider, alors ?
Réglez d’abord la question de l’hébergement et celle de la voiture se règle d’elle-même.
Si vous réservez un hôtel ou une chambre dans le centre de Gustavia, ou une adresse à St Jean, et que vous êtes à l’aise pour réserver un chauffeur à l’avance pour les quelques trajets qui l’exigent, vous pouvez vous passer de location. Si vous logez dans une villa en hauteur, ou n’importe où vers l’est ou les extrémités de l’île, louez une voiture et réservez tôt : environ une semaine à l’avance en pleine saison, car les bonnes partent en premier.
Dans les deux cas, l’erreur à éviter, c’est la voie du milieu : pas de voiture, pas de chauffeur, et l’idée tranquille qu’un taxi finira par se présenter. À Saint-Barth, c’est le seul plan qui ne résiste pas au contact de l’île.
Questions fréquentes
Y a-t-il Uber ou des transports en commun à Saint-Barth ?
Non. Pas d’Uber, aucune application de VTC, et aucun transport en commun, ni bus ni train. Des taxis existent, mais ils se réservent plutôt qu’ils ne se hèlent, et ils sont rares en haute saison.
Peut-on visiter Saint-Barth sans louer de voiture ?
Oui, depuis une base où l’on marche. Dans le centre de Gustavia, vous rejoignez à pied restaurants, boutiques et Shell Beach, et vous réservez un chauffeur pour les trajets qui l’exigent. En hauteur ou vers les extrémités de l’île, une voiture s’impose.
Combien de temps à l’avance louer une voiture à Saint-Barth ?
Environ une semaine à l’avance en haute saison, de mi-décembre à avril, car les bonnes voitures partent en premier.
Les hôtels de Saint-Barth assurent-ils les transferts aéroport ?
Beaucoup le font, pour l’arrivée et le départ. Cela règle les trajets les plus délicats d’un séjour sans voiture, arriver et repartir avec les bagages.